par Charlotte Pensamiento
Cette série photographique est une immersion dans une maison à la Loma, un quartier périphérique à Medellin, en Colombie. Ce lieu où j’ai vécu avec Karol et Frank est un point de rencontre quotidien pour leurs amis. Quand je les rencontre pour la première fois, nous avons le même âge, et je lis dans nos yeux des désirs similaires de jeunesse.
La photographie devient notre terrain de jeu, un espace pour se parler, se reconnaître, s’inventer, mais aussi se confronter à un quotidien brutal, répétitif, souvent difficile. Confiné·es dans ce huis clos, nos espaces intimes sont séparés par des rideaux et tous les soirs, nous rêvons. Avoir vingt ans, c’est un âge où les espoirs et les doutes se côtoient dangereusement.
Dios los bendiga, « Que Dieu vous bénisse », qu’on soit croyants ou non, c’est une expression symbolique pour manifester son affection, son amitié, sa préoccupation pour l’autre. C’est aussi signifier avec tendresse son impuissance face aux évènements de la vie. On le prononce quand on s’en va d’un groupe, pour dire au revoir, comme on brandit une amulette; par habitude, comme protection.
Née en 1997, Charlotte Pensamiento est diplômée d’un BTS Audiovisuel en image, d’un Diplôme National d’Art en Design Graphique, et elle termine actuellement ses études en master à l’isdaT, à Toulouse. Enrichie d’un parcours d’études d’audiovisuel et de graphisme, elle accorde une importance particulière à l’édition, à la vidéo et à la scénographie pour présenter ses projets photographiques.
Elle utilise la photographie comme moyen de créer un lien social, de tisser des rela- tions entre des mondes différents. Que ces mondes soient intimes comme celui de son cercle familial (« Marée Basse ») ou étrangers (« Vimos los mangos crecer » et « Dios los bendiga »), photographier les rapports humains lui permet de les comprendre et d’en faire une éloge à travers leur complexité. Elle s’immerge dans ces milieux avec une grande proximité souvent sur du long terme, afin d’analyser des manières d’interagir, d’étudier les habitudes et codes sociaux qui leur sont propres.
Elle habite à Toulouse.
par Angéline Desdevises
Plus d'un an après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit sa guerre dans le sud du Liban, empêchant tout retour des habitants et paralysant les efforts de reconstruction. Bombardements quotidiens, pression psychologique, survols de drones et restrictions d'accès aux terres, tout est mis en œuvre pour vider la zone de sa population.
Les forces israéliennes mènent toujours des frappes quasi quotidiennes dans la région et occupent au moins cinq zones stratégiques.
D'après le ministère libanais de la Santé, la guerre a entraîné le déplacement d'environ 1,4 million de personnes. Les frappes aériennes répétées ont laissé une large partie du sud dévastée, détruisant des infrastructures civiles et des services publics essentiels.
Malgré la guerre, les habitants s'efforcent de poursuivre leur vie quotidienne et, profondément attachés à leurs terres, ils restent déterminés à ne pas les abandonner.
Angéline Desdevises est journaliste, rédactrice et photographe. Membre de l'agence Hans Lucas depuis quatre ans, elle travaille en France et à l'international.
Elle aborde les enjeux politiques et les questions sociales en zones de conflit.
Son travail est diffusé par la presse française (L'Humanité, Médiapart, Orient XXI...) et internationale (Middle East Eye, The Amargi, Truthdig...).
Depuis deux ans, elle se rend régulièrement au Proche-Orient pour différents travaux documentaires.
Elle habite à Ayzac-Ost (65)
Les Gnaoua sont, à l’origine, descendants d’esclaves et ont opéré au fil du temps une forme de syncrétisme entre l’islam marocain et la pluralité des croyances de leurs ancêtres. Ils sont aujourd’hui reconnus au Maroc pour leur pratique de transes musicales menées lors du rituel de la lila.
Leur culture, reposant sur l’oralité, fut longtemps transmise et pratiquée de manière quasi secrète. Mais la rencontre avec l’industrie musicale, le processus de starification des maîtres musiciens et l’irruption d’internet ont modifié la vision qu’ont les Gnaoua de leur pratique.
Aux côtés d’une jeunesse bercée par la tradition et la modernité, je me suis interrogé sur le cheminement d’une culture pluricentenaire s’ouvrant peu à peu au monde qui l’entoure. Saisi par une intensité collective qui me devint peu à peu familière, j’ai photographié ce qu’ensemble nous avons vécu, un quotidien rythmé par le profane et le sacré.
Prêts au décollage ?
Veuillez embarquer porte 08 pour un voyage en direction de Berlin, avec quatre escales à Trieste, Zagreb, Prague et Vienne.
Je vous invite, le temps de quelques minutes, à parcourir mon univers photographique entre contemplations et expérimentations. Ces images sont les fragments de mes errances, les échos visuels de mes recherches : jeux de reflets saisis à travers mon filtre prisme, cadrages hésitants ou affirmés, tentatives pour traduire une émotion fugace.
C’est un voyage que j’ai entrepris seule, pour la première fois. Huit photographies comme huit étapes intérieures, chacune résonnant avec une sensation vécue : l’émerveillement, la solitude, la curiosité, la lumière d’un matin froid ou la douceur d’une nuit étrangère.
La narration s’est construite au rythme de mes pas, entre détours imprévus et directions changeantes. Guidée autant par les chantiers rencontrés que par les caprices d’une météo tantôt fraîche, tantôt pluvieuse.
Sous le ciel mouvant de ces villes, j’ai pris le temps de regarder, de me perdre pour mieux me (re)trouver.
Bienvenue à bord.
Décollage imminent… Attachez votre ceinture.
Le voyage peut commencer.
Cette série a été composée sur une période de 15 ans, de 2010 à 2025, à travers différents territoires, de la Bretagne au Cap Vert, en passant par la Camargue et l’Italie. Ces environnements on été choisis pour leur diversité de climat, température, humidité, géologie et d’histoires. Ce journal visuel propose des récits de présences, de matières qui se déposent, d’éléments qui déferlent et ainsi, ont façonné la mémoire des instants et lieux photographiés.
« Ce qu’il reste », c’est ce qui apparaît sur la pellicule comme addition de plusieurs instants, comme témoin de ces histoires bien réelles mais aux apparences fantomatiques. C’est ce qu’il reste quand il n’y a plus qu’un désert ou encore ce qu’il reste quand il ne reste plus que le souvenir d’un être disparu. C’est cette accumulation en filigrane de vivant qui se fige.
La majorité de ces clichés ont été réalisé par procédé argentique, renforçant le travail autour des strates de matières.
A travers cette série, ces histoires sont reliées, des photographies prises à des milliers de kilomètres de distance, à plusieurs années d’intervalles et qui ont pourtant la même vibrance, comme des témoins qui nous murmurent que nous sommes composés des mêmes essences.
Ce travail photographique explore les liens profonds entre l’humain, son environnement
et ses traditions. À travers ma série « Heritage » qui est consacrée aux foires de chevaux
en Irlande, j’ai voulu capturer la relation singulière entre les Irish Travellers et leurs
chevaux, témoignant d’un héritage culturel riche et vivant.
Chaque année, la foire de Ballinasloe et celle de Smithfield, à Dublin, deviennent de
véritables lieux d’échanges, de célébrations et de transmission. Dans un pays en pleine
mutation, où modernité et tradition peinent parfois à cohabiter, ces rassemblements
montrent la résilience d’une communauté et son attachement profond à ses chevaux,
symboles de liberté, d’identité et de fierté.
À travers mes images, j’ai cherché à montrer cette connexion unique : les gestes, les
échanges, la complicité entre l’homme et l’animal, mais aussi l’énergie et l’atmosphère
vibrante de ces événements.